Pourquoi le corps garde parfois la mémoire du stress ?
Vous est-il déjà arrivé de ressentir une boule au ventre, une tension dans les épaules, le cœur qui s’accélère ou une sensation d’oppression alors que, cette fois, tout semble aller bien ?
On peut parfois avoir l’impression que le corps réagit « sans raison ».
Pourtant, une réaction de stress ne démarre pas toujours à cause de ce qui se passe ici et maintenant. Elle peut aussi être déclenchée par une pensée, un souvenir, une inquiétude ou une anticipation.
Alors, pourquoi le corps peut-il continuer à réagir longtemps après une situation stressante ?
Le stress : un système d’alarme naturel
Le stress est avant tout un mécanisme de protection.
Lorsqu’une situation est perçue comme menaçante, le corps se prépare à réagir. Le rythme cardiaque peut s’accélérer, la respiration se modifier, les muscles se tendre et la digestion ralentir.
C’est une réaction normale et utile lorsqu’elle reste ponctuelle.
Une fois la situation passée, le système nerveux peut normalement revenir progressivement au calme.
Mais lorsque le stress se répète, se prolonge ou s’associe à certaines expériences émotionnelles, le système d’alarme peut devenir plus facilement réactif.
Quand une situation laisse une empreinte
Notre cerveau apprend en permanence.
Lorsqu’une situation provoque une émotion forte, il peut créer une association entre certains éléments de cette situation et la sensation de danger.
Cela peut être un lieu, une personne, une odeur, une sensation corporelle, une parole ou même une situation qui ressemble simplement à ce qui s’est déjà produit.
Plus tard, un élément similaire peut alors déclencher automatiquement une réaction de stress.
La personne peut pourtant se dire :
« Je sais que je ne suis pas en danger. Alors pourquoi est-ce que je ressens ça ? »
Le stress peut aussi s’installer dans la durée
Lorsque les périodes de stress s’enchaînent sans véritable récupération, le corps peut avoir de plus en plus de mal à revenir complètement au calme.
Une situation stressante déclenche une réaction du corps. Si le stress se prolonge, la récupération devient plus difficile et certaines conséquences physiques ou mentales peuvent apparaître : fatigue, tensions, troubles du sommeil, anxiété, difficultés de concentration…
Ces conséquences peuvent elles-mêmes devenir de nouvelles sources de stress.
Un cercle peut alors s’installer : le stress provoque des réactions, ces réactions deviennent gênantes ou inquiétantes, ce qui peut à son tour alimenter le stress.
Pourquoi parle-t-on de « mémoire » du corps ?
L’expression « mémoire du corps » est souvent utilisée pour décrire ce phénomène.
Il ne s’agit pas nécessairement d’un souvenir conscient que le corps conserverait comme un fichier.
Il s’agit plutôt de réactions et d’associations qui peuvent devenir automatiques.
Le cerveau apprend qu’une situation, une sensation ou un signal est associé à une émotion particulière. Lorsque quelque chose de similaire se présente, le système d’alarme peut se réactiver.
C’est ce qui peut donner cette impression étrange que « le corps se souvient ».
Une réaction ancienne dans une situation nouvelle
Prenons un exemple simple.
Une personne a vécu une situation particulièrement stressante dans un ascenseur.
Quelques années plus tard, elle prend un ascenseur sans qu’il y ait le moindre danger. Pourtant, au moment où les portes se ferment, son cœur s’accélère, sa respiration change et elle ressent une forte tension.
Elle sait pourtant que l’ascenseur fonctionne normalement.
La réaction ne correspond donc pas forcément à une analyse rationnelle de la situation présente. Elle peut être liée à l’association qui s’est créée auparavant.
Et plus une réaction est répétée, plus elle peut sembler automatique.
Le corps ne cherche pas à nous compliquer la vie
Lorsqu’une réaction de stress apparaît dans une situation qui semble sans danger, il est tentant de penser :
« Je réagis trop. »
Ou :
« Je devrais pouvoir contrôler ça. »
Mais une réaction automatique n’est pas toujours quelque chose que l’on peut simplement décider d’arrêter.
Le système d’alarme cherche avant tout à protéger.
Il peut parfois être devenu trop sensible, ou continuer à répondre à certains signaux comme s’ils représentaient encore une menace.
Comprendre cela permet déjà de porter un regard différent sur ses propres réactions.
Peut-on apprendre à réagir autrement ?
Oui, les réactions automatiques peuvent évoluer.
Comprendre ce qui déclenche une réaction, identifier les situations ou les sensations qui la réveillent et apprendre progressivement à retrouver un état de sécurité peut aider à modifier ces mécanismes.
Il ne s’agit pas de lutter contre son corps ni de lui reprocher ses réactions.
Il s’agit plutôt de comprendre ce qu’il se passe et de permettre au système d’alarme de retrouver davantage de calme.
À retenir
Le corps ne garde pas une mémoire du stress au sens d’un souvenir conscient.
En revanche, certaines expériences peuvent laisser des associations et des réactions automatiques qui se réactivent plus tard.
Une pensée, un souvenir, une sensation ou une situation ressemblant à une expérience passée peuvent alors suffire à déclencher une réaction de stress.
C’est pourquoi certaines réactions peuvent sembler incompréhensibles ou disproportionnées par rapport à la situation présente.
Comprendre le fonctionnement du stress permet déjà de mieux comprendre ce qui se passe en soi.