Pourquoi le stress fatigue autant ? Comprendre le lien entre stress et fatigue

Vous avez l’impression d’être épuisé(e) alors que vous n’avez pas forcément fourni d’effort physique important ? Vous dormez, mais vous ne vous sentez pas vraiment reposé(e) ? Vous avez parfois la sensation de fonctionner « sur les réserves » ?

Le stress peut être l’une des raisons de cette fatigue.

Lorsqu’une situation est perçue comme exigeante ou menaçante, le cerveau met l’organisme en état d’alerte. Cette réaction est naturelle et utile : elle permet de mobiliser rapidement les ressources nécessaires pour faire face à une situation.

Mais lorsque cette alerte se répète trop souvent ou dure trop longtemps, l’organisme peut avoir de plus en plus de mal à retrouver son état de repos.

Le stress mobilise le corps

Face à une situation stressante, le cerveau déclenche une série de réactions destinées à nous permettre de nous adapter.

Le rythme cardiaque peut augmenter, la respiration se modifier, les muscles se tendre, l’attention se focaliser sur ce qui semble important ou menaçant.

Cette mobilisation demande de l’énergie.

À court terme, cette réaction est normale et utile : après l’événement stressant, le corps peut progressivement revenir au calme et récupérer.

C’est lorsque les situations stressantes se répètent ou que l’organisme reste trop longtemps en état d’alerte que la fatigue peut s’installer.

Le corps a besoin de périodes de récupération pour retrouver son équilibre. Lorsque ces moments deviennent trop rares, l’organisme peut finir par fonctionner en permanence sur ses réserves.

Pourquoi le stress prolongé peut-il épuiser ?

Imaginez un organisme qui doit rester régulièrement sur ses gardes.

Même lorsque rien de grave ne se passe, le cerveau peut continuer à surveiller, anticiper, analyser et se préparer à une éventuelle difficulté.

Cela peut donner l’impression d’être constamment « sous pression ».

Le corps reste alors davantage mobilisé :

  • les muscles peuvent rester contractés ;
  • le sommeil peut devenir moins réparateur ;
  • la respiration peut être plus tendue ou irrégulière ;
  • l’attention peut rester tournée vers les problèmes à résoudre ;
  • les pensées peuvent continuer à fonctionner même lorsque la journée est terminée.

Cette mobilisation répétée peut contribuer à une sensation d’épuisement.

Quand le mental continue de fonctionner même au repos

La fatigue liée au stress n’est pas toujours une fatigue que l’on ressent immédiatement dans le corps.

Elle peut aussi être mentale.

Vous pouvez avoir l’impression de ne jamais vraiment couper :

« Je pense encore à ce que je dois faire. »

« Je repasse sans arrêt la journée dans ma tête. »

« Je réfléchis à ce qui pourrait arriver demain. »

« Même lorsque je me repose, mon cerveau continue. »

Ce fonctionnement peut être particulièrement fatigant.

Le cerveau consacre alors une partie de son attention à anticiper, contrôler, résoudre des problèmes ou surveiller ce qui pourrait mal se passer.

Lorsque le stress est lié à une peur ou à un sentiment de danger, cette vigilance peut aller plus loin. Le cerveau peut rester en hypervigilance, comme s’il devait continuer à surveiller ce qui pourrait arriver, même lorsque la situation ne présente plus de danger immédiat.

Cette vigilance peut également perturber le sommeil. Celui-ci peut devenir plus léger, plus fragmenté et moins récupérateur. Le sommeil profond peut notamment être diminué ou interrompu, ce qui peut donner la sensation d’avoir dormi sans véritablement récupérer.

Le repos physique ne signifie donc pas nécessairement que l'organisme est réellement au calme.

Pourquoi tout devient parfois plus difficile quand on est épuisé(e)

Lorsque les ressources semblent diminuées, les situations habituellement gérables peuvent devenir plus difficiles à supporter.

Une remarque peut prendre davantage de place.

Une petite contrariété peut sembler disproportionnée.

Une décision simple peut demander beaucoup d’énergie.

La patience peut diminuer et les émotions devenir plus difficiles à réguler.

Ce n’est pas nécessairement un manque de volonté.

Lorsque l’on est déjà très sollicité(e), il reste moins de disponibilité pour prendre du recul et retrouver rapidement son calme.

C’est aussi pour cette raison que certaines personnes disent :

« Je sais que je devrais relativiser, mais je n’y arrive plus. »

Le stress peut aussi se traduire par des tensions physiques

Le corps participe lui aussi à la réponse au stress.

Certaines personnes ressentent notamment :

  • des tensions dans la nuque ou les épaules ;
  • une mâchoire constamment serrée ;
  • une sensation de fatigue musculaire ;
  • une respiration plus courte ou plus haute ;
  • une agitation intérieure ;
  • une difficulté à relâcher complètement le corps.

Lorsque ces tensions se répètent jour après jour, elles peuvent participer à la sensation générale d’épuisement.

Le corps peut avoir besoin de retrouver progressivement un état de relâchement, et pas seulement de « tenir encore un peu ».

Pourquoi se reposer ne suffit pas toujours

On entend parfois :

« Il faudrait simplement que vous vous reposiez. »

Mais lorsqu’une personne est prise dans un état de tension ou d’alerte prolongé, s’arrêter physiquement ne suffit pas toujours à faire redescendre la pression.

On peut être allongé(e) sur son canapé tout en continuant à réfléchir.

On peut avoir une journée sans obligation et pourtant ressentir une agitation intérieure.

On peut même partir en vacances et constater que le corps reste tendu pendant plusieurs jours.

Le véritable enjeu peut alors être de retrouver progressivement une capacité à passer de l’état d’alerte à l’état de récupération.

Comment retrouver progressivement un meilleur équilibre ?

Il n’existe pas une seule manière de gérer le stress.

Selon les personnes et les situations, plusieurs leviers peuvent être utiles : retrouver un sommeil plus régulier, faire des pauses, bouger davantage, prendre du recul face aux sollicitations, apprendre à reconnaître les signes de tension et s’accorder de véritables moments de récupération.

Il peut également être utile de s’interroger sur ce qui entretient le stress.

Qu’est-ce qui me met constamment sous pression ?

Est-ce que je suis toujours en train d’anticiper ?

Est-ce que j’ai réellement des moments où je n’ai rien à gérer ?

Est-ce que mon corps sait encore se relâcher ?

Ces questions peuvent permettre de mieux comprendre ce qui se joue.

Comment l’hypnose peut accompagner cette démarche ?

L’objectif d’un accompagnement en hypnose n’est pas de faire disparaître toutes les sources de stress de la vie quotidienne.

Il s’agit plutôt de travailler sur la manière dont la personne y réagit et sur sa capacité à retrouver progressivement davantage de calme intérieur.

Selon les besoins, les séances peuvent notamment chercher à :

  • apaiser les réactions émotionnelles ;
  • diminuer la surcharge mentale ;
  • favoriser un relâchement plus profond ;
  • retrouver une respiration plus naturelle ;
  • renforcer les ressources personnelles ;
  • apprendre progressivement à sortir d’un état de tension permanente.

Chaque personne réagit différemment au stress. L’accompagnement doit donc rester personnalisé, en fonction de son histoire, de son vécu et de ses besoins.

Écouter les signes de fatigue plutôt que toujours les repousser

La fatigue n’est pas toujours quelque chose qu’il faut simplement combattre.

Elle peut aussi être un signal qui invite à regarder ce qui se passe.

Lorsque l’organisme reste longtemps sollicité, il peut devenir nécessaire de ralentir, de récupérer et de comprendre ce qui entretient cette tension.

Cela ne signifie pas qu’il faut supprimer toute contrainte ou toute source de stress : le stress fait partie de la vie.

L’objectif est plutôt de retrouver une capacité à alterner mobilisation et récupération, effort et repos, action et relâchement.

En conclusion

Le stress peut être utile lorsqu’il nous aide à nous adapter à une situation ponctuelle.

Mais lorsqu’il devient trop fréquent ou trop intense, il peut contribuer à une sensation de fatigue physique et mentale, notamment lorsqu’il s’accompagne de tensions, de pensées incessantes ou d’un sommeil moins récupérateur.

Comprendre ce mécanisme permet déjà de sortir d’une idée culpabilisante :

être épuisé(e) ne signifie pas forcément manquer de volonté.

Parfois, le corps et le mental ont simplement besoin de retrouver davantage d’espace pour récupérer.

Si vous avez l’impression d’être constamment sous pression, que votre sommeil se dégrade ou que la fatigue s’installe durablement, il peut être utile d’en parler avec un professionnel de santé afin d’écarter une cause médicale.

L’hypnose peut, de son côté, constituer un accompagnement complémentaire pour travailler sur les mécanismes émotionnels et retrouver progressivement davantage de calme et d’équilibre au quotidien.


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